Pour ceux qui aiment la nature, les paysages grandioses, la montagne, les grands espaces et l'aventure, le Groenland est une destination idéale
- Grand comme 4 fois la France et peuplé de 60.000 personnes - Tout le centre du pays est recouvert par une calotte glaciaire allant jusqu'à 3 kilomètres d'épaisseur.
C'est un pays de l'extrême où il peut faire doux mais à tout moment la visibilité peut tomber à zéro, un vent glacial et violent peut se lever et la neige peut se mettre à tomber à l'horizontal pendant plusieurs jours. La randonnée est à préparer avec soin pour profiter vraiment du séjour et réussir ses vacances.
Nous sommes partis via une agence spécialisée, basée à Lyon, qui nous a vendu (assez cher) un voyage sur la côte est du Groenland accessible à des non experts - en fait, attention, quand on n'est pas un habitué de la haute montagne, on risque de graves ennuis ou tout simplement d'abandonner le voyage dès le premier ou le second jour, évidemment sans être remboursé des frais engagés initialement.
Donc, si vous avez déjà passé plusieurs nuits sous la tente par mauvais temps en hiver sur un glacier, vous savez à quoi vous attendre, et vous connaissez l'équipement nécessaire. Ce n'était pas notre cas et la liste d'équipements recommandés par l'agence de voyage n'était correcte qu'à 90%. En réalité, tout est une question de détails, mais ces détails font toute la différence : si un peu de neige rentre dans vos bottes, si au bout de 30 secondes vous ne sentez plus vos doigts, si malgré les couches de polaire et de gore tex votre corps se refroidit, si votre nez ou vos oreilles ne sont pas protégés, alors c'est le cauchemar. Il suffit d'un détail pour que le voyage devienne insupportable.
L'agence de voyage avait indiqué qu'il pouvait faire 5°C en moyenne comme il pouvait faire -5°C en moyenne. Les vêtements 3 couches suffiraient-ils ? (tee-shirt technique, polaire et gore tex). Quelque soit la température moyenne, il peut faire subitement très froid, avec un vent à plus de 60 km/h qui vient de traverser plusieurs centaines de km de calotte glacière et de plus, l'humidité renforce l'impression de froid. On peut geler sur place par -20°C alors qu'avec un équipement correct c'est une température très supportable.
Nous avons été assaillis par le froid dès le premier jour. Un voyage en traineau de 2 jours était prévu depuis Tasiilaq (Ammassalik) jusqu'à Tinitequilaaq. L'agence de voyage nous avait prévenus qu'au Groenland, le plan du voyage pouvait changer, essentiellement en raison des conditions climatiques. En fait, il faisait beau mais l'agence avait changé le plan sans nous prévenir et nous devions faire le trajet en une seule traite.
En fait, le français qui vit là bas depuis plusieurs années et qui devait nous accueillir à l'arrivée de l'hélicoptère a indiqué qu'il était indisposé et il n'était pas là. Deux chasseurs Inuits l'ont remplacé. Arrivés avec une heure de retard, ils ont commencé par perdre un chien que nous avons cherché pendant une heure sans le retrouver. Un des équipages de traineau était en piteux état (3 chiens qui saignaient, 2 qui ne tiraient pas ...) mais l'autre était magnifique et Dines Mikaelsen, leur musher, est un type fabuleux : il parle couramment anglais, c'est un des meilleurs mushers de la région, avec lui on se sent en sécurité car il sait évaluer les situations, prendre les bonnes décisions et communiquer, ce qui est important dès que les conditions deviennent difficiles.
Donc, le premier soir il était 18h30, nous avions 4h de décalage horaire dans les pattes, la fatigue due aux attentes dans les aéroports et aux trajets, nous avions fait 2 heures de traineau. La route était facile car la trace était bien faite et le temps était beau. Mais le vent s'est levé, il faisait quand même à peu près -15°C et il nous restait 4h de trajet, soit une arrivée vers 23h. Là, Dines a réalisé qu'il fallait faire la halte prévue initialement dans une cabane de chasseur. Il me demande si nous avons un réchaud et de quoi manger. Cela n'était pas sur la liste fournie par l'agence et il y avait eu un problème de communication entre le français et le musher.....
Il faut préciser que le traineau c'est super. Un vrai bonheur de se sentir tiré par les chiens dans des paysages grandioses. Nous avons passé plein de moments fabuleux, inoubliables, ...... Mais il faut savoir que sur le traineau on se refroidit très vite et qu'il faut marcher dès que ça monte ou que la neige devient profonde. Marcher sans skis et sans raquettes dans les montées, c'est vite un peu épuisant. Nous avions demandé à l'agence s'il fallait emporter des raquettes, ils nous ont dit que ce n'était pas utile, alors que le guide français croyait que l'agence nous en avait procuré ... Un traineau chargé pèse environ 500 kgs avec une force et une inertie énormes, 12 chiens qui tirent comme des malades et il faut prendre quelques précautions si on ne veut pas se blesser. C'est petit à petit, parfois en faisant des erreurs, que nous avons appris ce qu'il faut faire ou ne pas faire ... Cela nous a couté des hématomes et quelques frayeurs mais cela aurait plus être beaucoup plus grave. Nous aurions souhaité qu'on nous dise dès le début ce qu'il faut faire ou ne pas faire. Cela aurait peut-être évité par exemple que ma femme soit trainée sur plusieurs mètres le long du traineau ...
Il faut savoir aussi que manger fréquemment est important quand il fait froid. Or nous n'avions que quelques gâteaux secs, de la soupe froide... La prochaine fois, nous ferons un stock de barres énergétiques ...
Bref, à cause de problèmes de préparation du voyage et de communication, nous avons du faire demi-tour et coucher à l'hôtel. Dines a pris la bonne décision, qu'il a quand même essayé de nous faire endosser pour que nous payions l'hôtel.
Un francais parti avec la même agence dans un autre groupe a du renoncer et retourner en Islande dès le premier jour : au bout de 30 secondes il ne sentait plus ses doigts... En avril, ne te découvre pas d'un fil ...
Le lendemain, une grande journée de traineau nous a amené à Tiniteqilaaq, en traversant 2 fjords, un glacier, plaisir immense dans des paysages somptueux, loin de tout ... Parfois j'imaginais que le traineau nous emmenait à l'autre bout du Groenland, que nous étions partis pour la grande équipée....
A Tiniteqilaaq, les paysages sont grandioses, le mode de vie est encore souvent lié à la chasse et à la pêche, les contacts avec les Inuits ont été des grands moments de bonheur, les enfants sont très attachants, c'est un autre monde dans lequel une immersion est une expérience fabuleuse pour qui aime la nature. Paulus, le maire du village, nous a raconté le mode de vie ancien. C'est grâce à Dines que nous avons fait des séances de chasse inoubliables et que nous avons rencontré Paulus. Au bout de quelques jours, Dines s'est lâché, ses histoires et ses récits de chasse étaient de grands moments. Les coordonnées de Dines Mikaelsen sont faciles à trouver sur le web, il organise des voyages dans la région, il peut même organiser la traversée de la calotte glaciaire (17 à 25 jours de traineau) et il parle couramment anglais, c'est un guide fabuleux et très fiable, avec qui je traverserais la calotte glaciaire en toute confiance. A noter que Dines, comme tous les Inuits, ne se met jamais en avant : quand je lui ai demandé s'il avait déjà charrié un ours sur son traineau, il m'a répondu confusément que non, mais en fait il a déjà chassé 14 ours.... S'il rencontre un ours, il n'a guère le choix car ses chiens deviennent fous....
Nous avons raté des échanges avec les Inuits car ce n'est qu'à la fin du séjour qu'on nous a appris certains de leurs codes de communication : quand ils ouvrent grand les yeux, cela veut dire OUI, et pour dire NON, ils froncent les sourcils. Ils parlent peu, ne sont pas gênés par des moments de silence, et trouvent que nous sommes de vraies pipelettes... Mais ils ont généralement le sourire, quand ils ont un problème, il le prennent à la rigolade et c'est génial car il n'y a pas de stress. Les hommes ne doivent pas saluer les femmes dans la rue car ils sont très jaloux, à noter également que leurs gènes ne leur permettent pas d'assimiler l'alcool et donc il ne faut pas qu'ils en boivent.
Les chiens sont généralement adorables bien qu'ils aient du sang de loup, et qu'ils hurlent comme les loups. Ils sont agressifs avec les enfants mais avec nous, après qu'on les ait laissé nous sentir, ils ont été très affectueux. Il faut savoir que si un chien mord un humain, c'est toute la meute qui est abattue, il convient donc de ne pas faire n'importe quoi...
Partir en traineau à la chasse au phoque sur les fjords est tout simplement exceptionnel ! On avance entre les glaçons, on longe les icebergs dans des paysages extraordinaires par les couleurs, les formes, la variété... Le traineau est chahuté et il faut s'accrocher, c'est un peu sport et très excitant. Une fois, la glace a cassé sous le traineau et il a commencé à reculer dans l'eau. Évidemment, l'eau est à peu près à -7°C. Dines nous a sorti de là, seuls les sacs et nos fesses ont été mouillés. Ce qui est amusant aussi, c'est quand le traineau va tout droit vers une plaque de neige fragile. Le Musher dit "yo yo" pour que les chiens partent à gauche, ou "dri dri" pour qu'ils partent à droite. Mais parfois, le chien de tête n'obéit pas, et ils vont tout droit vers la plaque où le traineau a toutes les chance de s'enfoncer ... Alors, le musher dit des "yo yo" de plus en plus angoissés et si rien n'y fait, il arrête le traineau juste avant le danger.
A la fin, la glace fondait et parfois un chien passait à l'eau. Le musher l'attrapait par la peau du coup quand le traineau le rattrapait et le chien repartait à fond les ballons....
Des dizaines d'autres souvenirs excitants nous reviennent, difficile de se replonger dans la vie quotidienne, nous rêvons de repartir dans le grand nord, peut-être au Canada, en Alaska ou au Groenland. Et moi qui ne rêvais que de destinations tropicales !
En été le climat est surement plus doux, mais pour ceux qui partent à d'autres périodes, prévoir notamment des guêtres, des gants vraiment très chauds, une veste d'expédition ou gore tex suffisamment large pour pouvoir mettre 4 couches de polaire dessous, une cagoule très chaude qui couvre bien tout le visage, des lunettes qui se calent bien sur la cagoule sans laisser de peau à l'air, ... C'est la condition pour voir les aurores boréales la nuit et être confortable le jour... Nous avions les meilleures bottes de neige, elles ont été extra.
Un tee-shirt technique, un tee-shirt en merinos, quelques polaires, une veste gore tex, un collant technique, un pantalon de randonnée, un sur-pantalon gore tex, et ca roule en mode bibendum mais confortable.
Le premier jour, en forçant un peu, j'ai cassé la fermeture éclair de la veste gore tex de ma femme. Je ne savais pas que le froid les rendait cassantes ! cela aurait pu compromettre tout le voyage. Impossible de tenir avec une veste qui ne ferme plus ! Heureusement, nous avions pris au dernier moment une veste gore tex supplémentaire.
D'autres chasseurs Inuits peuvent héberger et accompagner des groupes à Tasiilaq et à Tiniteqilaaq, par exemple le meilleur chasseur de Tiniteqilaaq.
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J'ai parfois la critique un peu dure, ne le prenez pas mal, je dis les choses comme je les pense et ressens en essayant que ce soit constructif,
il peut aussi m'arriver de me planter et serais ravi de comprendre votre point de vue si cela est bien expliqué,
je pense que la critique est bonne pour la personne critiquée autant que pour celui qui la fait.
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